Maîtres d'œuvre : Fabien Drubigny architecte mandataire / BQ+A - Quirot / Lenoble / Blache / Vielle architectes associés
Maîtres d'Ouvrage : Ville de Dijon / SPLAAD mandataire
Livraison : novembre 2024
Surface : 2 000 m2
Coût bâtiment : 10 700 000 € HT
L’hôtel Bouchu d’Esterno est un important hôtel particulier dijonnais édifié en 1643 et longtemps attribué à l’architecte Pierre Le Muet. Sa réhabilitation devait répondre à la nécessité, pour l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, de disposer d’un siège rénové et pérenne à l’orée de son second centenaire.
L’édifice, destiné à la fois à l’accueil des délégations internationales et au travail des instances ordinaires de l’Organisation, se développe sur 2000 m² de surface utile, intégralement restaurées et réhabilitées sous le contrôle exigeant des services de l’État. L’immeuble est en effet inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 29 octobre 1928 ; il est, par ailleurs, situé en secteur sauvegardé et en site UNESCO (Climats du vignoble de Bourgogne).
Le travail d’adaptation du programme au bâti existant était tel que les possibilités de transformation pouvaient, de prime abord, sembler verrouillées. Nous avons fait un pas de côté et décidé de ne pas investir l’entièreté du volume bâti et de libérer de tout usage les combles, ainsi que les deux salons d’apparat du rez-de-chaussée. Nous nous sommes ainsi affranchis de plusieurs contraintes normatives qui risquaient de dénaturer le bâtiment. En compensation, nous avons dû créer une extension pour un auditorium et nous avons glissé celui-ci entre les deux ailes sur jardin en tirant profit de sa couverture pour proposer une vaste terrasse en surplomb du jardin, propice aux réceptions. En complément, un bâtiment mitoyen plus récent, accueillant jusqu’à un passé récent une crèche de la ville de Dijon, a été totalement rénové pour loger des espaces de réception (restaurant et salle audiovisuel) ainsi qu’un logement de fonction dans la partie sur rue, plus ancienne.
Les choix patrimoniaux faits pour les façades, les couvertures et les menuiseries découlent d’une observation attentive du monument et se sont, pour l’essentiel, imposés à nous. Nous avons été vigilants à la silhouette du bâtiment, à sa matérialité, à sa couleur. Il était important que l’hôtel Bouchu d’Esterno restauré n’apparaisse pas comme un OVNI dans le tissu du centre-ville de Dijon tout en restituant à l’hôtel ce caractère de petit château d’époque Louis XIII, jouant des coudes et imposant ses masses au milieu des maisons médiévales et Renaissance.
Au fil d’un chantier extrêmement riche en découvertes, un travail d’interprétation et de clarification s’est engagé pour le traitement des couvertures, celui des façades, celui des décors intérieurs et celui du jardin avec la démolition de la maison du gardien et la restitution des parterres symétriques et axialisés. Le parti de distribution apparaît, en définitive, beaucoup plus proche de l’original du XVIIème et du XVIIIème siècles qu’au démarrage de nos études.
site distingué "Patrimoine de la diplomatie" par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères